Bon, ce film est l’adaptation cinématographique d’un livre de Patrick Süskind que j’avais énormément apprécié quand je l’avais découvert, et que j’ai relu à plusieurs années d’intervalle.

Comme pour tout livre que j’avais apprécié, c’est l’ambivalence qui prévalait face à l’idée d’une adaptation au cinéma. D’un côté, ça pouvait être fantastique de voir des acteurs incarner ce conte fabuleux, mais d’un autre côté, la crainte de voir surgir une daube infâme et insipide comme l’adaptation de Queen of the Damned n’est jamais loin.

Et là quelle agréable surprise : si le bouquin de Süskind est une merveille, l’adaptation cinématographique est on ne peut plus fidèle, elle rend parfaitement les impressions, elle dépeint avec magie les descriptions de paysages urbains du 18ème siècle, et les acteurs interprètent leur rôle avec brio.

On sent bien que Tom Tykwer avait lu et apprécié le roman et qu’il voulait lui rendre hommage dans son adaptation. Si le livre fourmillait de détails lyriques, le film surenchérit par une palette de couleurs qui donne une atmosphère et une ambiance particulière, qui en fait une sorte de tableau d’époque, majestueux, tantôt oppressant, tantôt vertigineux (les scènes en pleine nature), bref grandiose. La musique accompagne d’ailleurs à merveille les contrastes colorés tout au long du film.

La comparaison peut sembler étrange, mais visuellement j’ai trouvé des similarités avec 300, parce qu’il y avait aussi ce coté ‘graphique’ très fort, et qui était presqu’aussi important que le jeu d’acteurs.

Du point de vue du casting d’ailleurs, Tykwer a réuni quelques pointures (Dustin Hoffman qui interprète Baldini comme s’il avait toujours été ce vieux parfumeur blasé, Alan Rickman qui use de son charisme pour donner au rôle du père attentioné et parano autant de réalisme que de névrose). À ceux-ci s’ajoutent Ben Wishaw qui cadre bien dans le rôle de Grenouille l’homme différent/passioné/torturé perdu dans l’univers qu’il ne comprend pas mais déterminé à accomplir son destin.

Les actrices féminines sont non-seulement douées, charmantes, et très jolies, mais elles sont surtout mises en valeur d’une manière remarquable ! Rachel Hurd-Wood et Karoline Herfurth sont déjà top-notch au naturel, mais là elles crèvent l’écran ! Entre les longs cheveux roux ondulés de Laura Richis qui filent entre les haies vertes du labyrinthe, tandis que ceux de la jeune fille aux prunes contrastent avec les fruits qu’elle découpe lentement… C’est une ode à l’esthétisme sans borne. (Peut-être à outrance médiront certains). Mais c’est formidablement réussi ! A force de filmer des rousses (Lola rennt), on pourrait croire que Tykwer fait une fixation, mais quand le résultat est à ce point éblouissant, on ne se plaint pas, on admire.

ma note : 10/10 – note IMDb : 7.6/10

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